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Apport du cortex préfrontal en chromothérapie auriculaire dans l’état de stress post traumatique avec hypothèse neurophysiopathologique

  • octobre 9, 2026
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Auteur : Dr. Stéphane Maugendre (médecin généraliste, algologue), France

Introduction:

Le protocole de chromothérapie auriculaire du Dr ASIS dans l’indication de stress post traumatique est de plus en plus appliqué par les auriculothérapeutes. À la suite de deux publications, l’une en 2012 portant sur une quarantaine de patients puis une autre en 2018 sur 160 patients, les résultats thérapeutiques positifs avoisinent les 90%.

L’état de stress chronique post traumatique (ESPT) associe quatre symptômes principaux : la reviviscence du souvenir, les conduites d’évitement, l’état d’hypervigilance et les troubles neurovégétatifs provenant des trois premiers signes cliniques (troubles de l’humeur, troubles du sommeil,
anxiété, trouble de la concentration et manifestations somatiques de l’angoisse).

L’hypothèse actuelle sur la pérennité du syndrome de l’ESPT serait en lien avec un défaut de discrimination contextuelle de l’évènement laissant l’amygdale cérébrale en état de super alerte. Les structures limbiques et principalement l’hippocampe ne jouent plus leur rôle conférant à une généralisation au détriment d’une contextualisation.

À la suite des travaux de l’équipe de l’INSERM de Bordeaux dirigée par le Dr Cyrille HERRY, une autre structure cérébrale participe à l’inhibition de l’activité de l’amygdale cérébrale, il s’agit d’une partie du cortex préfrontal, plus précisément le cortex préfrontal médian dorsal dont l’activité a pu être étudiée en optogénétique. L’étude de l’INSERM s’est focalisée sur ce groupe neuronal en implantant par génie génétique des protéines photosensibles à des souris puis en les éclairant par une fibre optique avec deux couleurs l’une bleue (473nm) et l’autre jaune (593nm). Ces souris ont subi par génétique une sensibilisation membranaire synaptique par l’implantation de ces protéines photosensibles. La stimulation du cortex préfrontal médian dorsal par le bleu a permis de stimuler la discrimination contextuelle faisant régresser le sentiment de peur, inversement la couleur jaune a inhibé ce circuit en laissant l’amygdale en état de super alerte.

L’optogénétique ouvre des perspectives tout à fait considérables d’exploration de populations neuronales afin de mieux appréhender leurs fonctionnalités dans de nombreuses pathologies. Il m’a semblé intéressant de partir sur cette hypothèse pour enrichir la découverte du Dr ASIS et de tester cette zone en auriculothérapie en plus du système limbique.

FIGURE : CIRCUIT DE LA PEUR

FIGURE : ANATOMIE CORTEX PRÉFRONTAL

Méthode:

L’inclusion des patients s’est effectuée à partir de la définition de l’état de stress post traumatique et de ses critères de gravité. La méthode a été proposée quand les circonstances médicales l’ont suggérées lors de mon activité de médecine générale. Le travail d’interrogatoire en vue de la thérapeutique a consisté à déterminer l’image traumatique (ou plusieurs successivement) la plus éprouvante émotionnellement en relation étroite avec le stress traumatique évoluant depuis plus d’un mois.
Seules les images associées avec un score de SUD supérieures à 7/10 ont été retenues.

Le score SUD correspond à l’intensité du stress Subjective Units of Distress scale équivalent aux« unités subjectives de souffrance ». Cette échelle permet de mesurer le niveau subjectif de perturbation liée au souvenir. Dans cette échelle le niveau 0 signifie pas de perturbation et une neutralité émotionnelle, inversement 10 indique la perturbation la plus forte que la personne puisse imaginer. Ce score a été réévalué en fin de séance. Il doit être inférieur à 2 3 après la séance.

Une seule séance de chromothérapie auriculaire a été programmée pour l’ensemble des cas présentés. Les demandes de nouvelle consultation ont consisté à traiter de nouvelles images traumatiques non abordées lors de la séance initiale.

Après explication des modalités thérapeutiques et ce afin d’établir un fort lien de confiance entre le thérapeute et la personne malade, le traitement a consisté à éclairer avec une lumière jaune la représentation de la zone limbique auriculaire comme enseignée au GLEM pendant au moins trois minutes lorsque le signal RAC VAS était présent.

En cas d’image traumatisante supérieure à six mois, l’oreille gauche était notre cible chez un droitier (inversement chez un gaucher). A l’inverse si le traumatisme remontait à moins de six mois l’oreille droite était privilégiée chez un droitier.

Pour déterminer l’efficacité de la séance sur le plus long terme, le VoC (Validity of cognition) soit validité de la cognition a été mesurée sur une échelle de 1 à 7 au moins 1 mois après la consultation.
C’est une échelle subjective explorant la validité pour la personne de la cognition positive. Dans quelle mesure ressentez vous maintenant comme vrais ces mots « je vais bien» par rapport à l’événement traumatique ? Sur une échelle de 1 à 7, 1 veut dire que vous ressentez la phrase comme tout à fait fausse et 7 tout à fait vraie « Quelle valeur lui attribuez vous ? »

Afin de comparer deux groupes de personnes malades j’ai voulu comparer l’approche thérapeutique par la projection de la lumière LED jaune sur la représentation auriculaire de l’amygdale cérébrale(1), de l’hippocampe (2), de l’aire des cicatrices psychiques en bordure (4) ainsi que de la ligne de sons (3) avec la projection par la lumière LED bleue en avant du lobule de l’oreille sur la représentation du cortex préfrontal (cortex préfrontal médian dorsal) en fonction de la présence du signal RAC VAS ( acronyme de Réponse Autonome Circulatoire et de Vascular Autonomic Signal en anglais) lors de l’évocation mentale de l’image traumatique en se référant aux travaux de l’INSERM en optogénétique et aux cartographies du GLEM sur la représentation auriculaire du système nerveux central au niveau lobulaire.

Le deuxième groupe constitué fut donc traité en lumière LED bleue sur la représentation du cortex préfrontal médian dorsal selon les mêmes critères d’inclusion et d’efficience pour stimuler comme dans l’étude de l’INSERM cette zone afin de renforcer la contextualisation et libérer l’amygdale cérébrale de la surcharge émotionnelle. En chromothérapie auriculaire l’ouvrage du Pr MAGNIN mentionne que les filtres colorés wratten kodak bleu (bleu cyan WK 80) et violet (WK 35) sont particulièrement intéressantes dans les pathologies cérébrales.

Les couleurs ainsi projetées sont polychromatiques avec des longueurs d’ondes étendues au niveau spectral. Le mode d’action thérapeutique des lumières colorées n’est pas pour le moment parfaitement établi. L’action des fréquences de la lumière sur les sécrétions nerveuses et endocriniennes n’est pourtant plus à démontrer à la suite des travaux des Dr Paul, Raphael NOGIER et leurs collaborateurs. Ils ont constaté des variations significatives sanguines de neuromédiateurs en faisant varier l’illumination sur la peau de mammifères. R Nogier, P Nogier, Y Menezo, R Santini Influence of skin illumination on plasma biogenic amines in the rabbit Acupunct Electrother Res. 1982 ;7(4) :247 53

La durée du traitement dans cette étude a été de 3 minutes quel que soit la lumière LED employée.

Aucune autre intervention thérapeutique auriculaire n’a été exercée avant et après l”éclairage. Les lumières LED proviennent de la société light painting addict.

FIGURE : CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES MICROLED

FIGURE : SYSTÈME LIMBIQUE ET CORTEX PRÉFRONTAL : REPRÉSENTATION AURICULAIRE

La représentation auriculaire du cortex préfrontal est en avant du lobule dans la plage G (5) desfréquences du Dr Paul NOGIER.

Le repérage du point d’auriculothérapie sur les zones thérapeutiques étudiées a été dans les deux groupes facilités par la prise du pouls à la recherche du signal RAC VAS pendant l’éclairage LED tout en examinant une corrélation avec un détecteur électrique (détection différentielle électrique par un AGISCOP) avant la mise en conditionnement de la personne malade et pendant la séance.

La détection électrique n’a pas permis de retrouver systématiquement un point d’auriculothérapie malgré la présence d’un signal RAC VAS par manque probable de sensibilité de l’appareil. Une désinfection soigneuse et un séchage de la peau pendant deux minutes ont pour tant été systématiquement pratiquées. De nouvelles études seraient nécessaires avec d’autres détecteurs électriques avant et pendant la séance avec les nouveaux appareils de détection électrique différentielle à notre disposition Premio 20 DT ou Pointoselect.

Résultats :

Le ratio homme/femme est de 0,29 dans cette étude avec 12 hommes pour 42 femmes.

Le Dr ASIS avait également retrouvé dans ses deux études une surreprésentation marquée des femmes dans cette pathologie.

Age moyen 38,4 ans, âge médian 36,5, âge mini 12 ans, âge maxi 87 ans
Lumière jaune employée chez 24 sujets
Lumière bleue chez 29 sujets et un sujet traité par les 2 lumières successivement
SUD avant séance moyenne 9,0009/10, médiane 9, mini 7 et maxi 10
SUD après séance moyenne 3,2/10, médiane 3, mini 0 et maxi 10
VOC après séance moyenne 6/7, médiane 6, mini 1 et maxi 7
SUD en fonction lumière moyenne 5,83 différence SUD pour LED jaune 5,9, différence SUD pour LED bleue 5,81

VOC lumière jaune 6,04/7, VOC lumière bleue 6,05/7
Le test de significativité SUD avant versus après séance p= 3,4706E 27 (p<0,001) montre très clairement une très nette diminution statistique des scores avant et après chromothérapie validant ce protocole.

FIGURE : TABLEAUX DE RÉSULTATS

FIGURE : RÉSULTATS RATIOS SEXE / ÂGE / LUMIÈRE LED

FIGURE : RÉSULTATS NOMBRE D’IMAGES / SCORE SUD / SCORE VOC

FIGURE : RÉSULTATS LUMIÈRE LED BLEU

FIGURE : RÉSULTATS LUMIÈRE LED JAUNE

Les résultats confirment tout l’intérêt potentiel de la chromothérapie auriculaire dans cette indication de stress chronique post traumatique que ce soit en lumière LED jaune sur la représentation sous antitragale ou bien en lumière LED bleue sur la représentation du cortex préfrontal médian.

Néanmoins ces résultats occultent un signe clinique rencontré très fréquemment lors du protocolede chromothérapie auriculaire, des mouvements oculaires rapides plus précisément palpébraux synchrones à type de fasciculations lorsque les yeux sont fermés et exposés mentalement à une image traumatique. Ces mouvements oculaires sont décrits comme assez proches des REM (RapidEye Movement) rencontrés dans la phase du sommeil paradoxal. Récemment l’optogénétique a permis de localiser chez les mammifères un groupe neuronal responsable du déclenchement de ces mouvements lors de la phase de sommeil paradoxal. Ce groupe est situé dans le noyau paragigantocellulaire dorsal au niveau de la partie basse du tronc cérébral en forme de papillon d’où son nom le nucléus Papilio. Ces neurones se projettent sur les noyaux moteurs controlatéraux des muscles oculomoteurs (troisième, quatrième et sixième paires crâniennes) à l’origine de mouvements des globes oculaires.

Les fasciculations palpébrales retrouvées lors du protocole de chromothérapie auriculaire ne peuvent provenir de l’activation de ce noyau. Elles sont très vraisemblablement déclenchées par les fibres orthosympathiques de la troisième paire crânienne par la contraction du muscle lisse de Muller. En effet ces mouvements palpébraux échappent au contrôle de la musculature extrinsèque volontaire.

L’hypothèse ici formulée est qu’ils jouent un rôle non négligeable thérapeutique dans le protocole de chromothérapie auriculaire qui vise à supprimer une ou des images traumatiques afin d’obtenir progressivement la guérison du stress chronique post traumatique. Nous allons émettre un mécanisme complémentaire à l’action photonique de la chromothérapie.

Discussion:

Quel est le point commun entre la méditation (Lancet 2018), la lecture d’un récit post traumatique sous bêtabloquant, l’EMDR (Eyes movement desensitization and reprocessing) découverte par Francine SHAPIRO, le brain spotting qui en découle développé par le Dr David GRANT et la chromothérapie auriculaire dans l’indication de stress post traumatique ?

Toutes ces thérapeutiques ont des résultats bénéfiques sur l’ESPT et seule une action sur le système neurovégétatif peut expliquer le bénéfice thérapeutique. Neurologiquement il n’existe pas à mon sens aucune autre explication neurophysiopathologique possible.

Or l’EMDR est une technique employant les mouvements oculaires rapides. La séance est souvent longue 30 à 40 minutes pour obtenir un décrochage de l’image traumatique ce qui constitue un handicap parfois. Cette technique souvent raillée à ses débuts a poursuivi son développement avec le Dr David GRANT par le brain spotting qui est une résultante ciblée de l’EMDR. La personne malade doit pendant qu’elle se remémore l’image traumatisante révéler au thérapeute dans quelle position des globes oculaires le ressenti émotionnel est le plus négatif. Une fois déterminéele patient fixe unpointeur pendant plusieurs minutes jusqu’à effacement de l’image.

Dans les deux techniques l’EMDR et le brain spotting c’est par l’exagération des mouvements oculaires que l’on obtient un résultat.
Il faut se rappeler de l’existence au niveau facial de toute une série de réflexes en rapport avec le système trigéminofacial dont le réflexe oculo cardiaque représente une des composantes.

En effet ce réflexe passe par la branche ophtalmique du trijumeau mais n’importe quelle stimulation sensitive d’une des branches du trijumeau peut engendrer une réaction vagale. Clinical anatomy oftrigeminal pain: synthesis and applications in odonto stomatology Bonnefoy C., Chikhani L., DichampJ.
Le réflexe oculo cardiaque est véhiculé par des afférences du trijumeau (branche V1).

La compression des globes oculaires entraîne cliniquement une réaction vagale. Ce réflexe met en jeu les fuseaux neuromusculaires des mécanorécepteurs périphériques au niveau du contenu orbitaire puis l’information est conduite par les nerfs ciliaires courts et longs, passent par la branche ophtalmique de V1 puis le ganglion sensitif de Gasser pour arriver au noyau sensitif du trijumeau ou plus probablement au tractus mésencéphalique dans le tronc cérébral si proche de l’action de l’auriculothérapie. Des fibres inter nucléaires de la substance réticulée se projettent par une afférence sur le noyau dorsal du nerf moteur du vague. Une efférence passe par le nerf vague droit jusqu’au cœur inhibant la dépolarisation spontanée du nœud sinusal. Une autre efférence du noyau moteur dorsal se projette sur le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus centre intégrateur par excellence du système de régulation neurovégétatif.

Ces deux efférences permettent la neuromodulation sur le système limbique expliquant l’action thérapeutique sur l’amygdale cérébrale et l’hippocampe. Le souvenir d’un événement chargé d’émotions négatives s’imprègne plus durablement grâce à l’action de la noradrénaline sur les récepteurs béta adrénergiques de l’amygdale cérébrale expliquant l’état de super alerte.

FIGURE : REFLEXE OCULOCARDIAQUE

Lorsque l’on prend le pouls d’une personne et qu’on lui demande de regarder fixement devant elle et de porter le regard de gauche à droite alternativement et rapidement en insistant sur les côtés du champ visuel pour exercer une légère tension sur les muscles oculomoteurs, on ressent qualitativement une diminution de l’amplitude du pouls comme lors d’un RAC VAS négatif.

Il est hautement probable que les techniques oculaires (EMDR et brain spotting) activent cette stimulation vagale par le même mécanisme de mise en jeu des récepteurs du contenu orbitaire.

A force de mouvements rapides des muscles oculomoteurs la tension de ces muscles génèrent à chaque mouvement contraint une stimulation proprioceptive qui conduisent in fine à une stimulation du nerf vague parfois suffisante au rééquilibrage du système neurovégétatif. Il est fortement probable que les REM (Rapid Eye Movement) jouent un rôle identique sur le système neurovégétatif leur conférant une action apaisante.

Plusieurs études soulignent l’activation du système parasympathique sans pour autant pouvoir l’expliquer lors de la pratique de l’EMDR.

Apres l’exposition de l’image traumatique, la mise en œuvre de stimulations bilatérales alternées (oculaires, auditives ou tactiles) génère une activation du système parasympathique cholinergique d’après la publication de Stickgold en 2002. Cette hypothèse est confortée par plusieurs publications (Aubert Khalfa et al 2008, Elofsson et al 2008) objectivant des modifications neurovégétatives au cours d’une séance d’EMDR.

Cette production d’acétylcholine permet une baisse de la tension émotionnelle et donc ouvre un champ associatif cognitif correspondant plus étendu. En effet le sujet modifie son image traumatique en souvenir autrement dit son état psychologique passe d’une émotion négative vers une cognition positive. L’explication neurologique à la production d’acétylcholine intracérébrale s’explique ainsi peut être par cette stimulation vagale à point de départ orbitaire.

Mais l’exposition négative de l’image traumatique seule les yeux fermés, à l’origine de mouvements palpébraux ne peut pas dans la plupart des situations être suffisamment thérapeutique. En effet il
faut supposer que le tonus sympathique de base des personnes victimes d’ESPT est plus élevée mais c’est en renforçant ce tonus orthosympathique par l’évocation qu’il est possible d’obtenir un résultat thérapeutique encore plus efficace ; comme si on tendait un peu plus un élastique déjà sous haute tension et qu’une simple stimulation opposée par la mise en jeu du système parasympathique suffise à complètement rétablir l’équilibre de la balance orthosympathique parasympathique.

Je n’ai eu que quelques cas (4 à ce jour) où seuls ces mouvements palpébraux ont fait disparaitre totalement et durablement une image traumatique sans aucune intervention thérapeutique de ma part après trois minutes d’exposition mentale. Dans les autres situations, l’image traumatique est partiellement modifiée conférant aux mouvements palpébraux une action bénéfique thérapeutique avant même toute intervention auriculaire. Le substratum anatomique de cette action serait probablement une activité musculaire du muscle lisse capsulo palpébral de Müller commandé par la voie sympathique. La contraction de cette lame musculaire lisse palpébrale stimulerait les fuseaux neuromusculaires du contenu orbitaire et déclencherait une action parasympathique vagale de contrôle sur le système neuro végétatif par voie trigéminale.

Pour corroborer cette analyse j’ai demandé à plusieurs personnes malades de maintenir pendant 3 minutes une image traumatique les yeux fermés. Des mouvements palpébraux se sont déclenchés et renforcés pendant toute la séance mais au bout de trois minutes l’image traumatique était toujours bien présente.

Puis j’ai appliqué pouce et index sur leurs deux globes oculaires en exerçant une légère pression continue de 2 minutes sans aucune autre intervention de ma part afin de favoriser une réponse vagale. A l’issue de cette compression l’image traumatique avait disparu. 

J’ai reproduit cette expérience sur plusieurs patients (une trentaine) avec des résultats très encourageants, similaires pour la plupart avec une disparition définitive de l’image et une efficacité partielle pour d’autres (réapparition de l’image dans 1 seul cas). Il nous reste statistiquement à corroborer ces premiers résultats prometteurs.

Quid de l’auriculothérapie ? Lors du protocole de chromothérapie auriculaire on majore là encore l’activité orthosympathique par la fixité mentale du souvenir traumatique. Les émotions qu’elles soient positives ou négatives nous gouvernent en quelque sorte par une modification de notre équilibre neuro végétatif. L’image traumatique est restituée principalement dans la formation hippocampique lors de son évocation par le critère spatial de la situation. Le système limbique est fortement connecté avec la substance réticulée du tronc cérébral principal lieu d’action de l’auriculothérapie.
Le corps humain est régi par deux commandes principales neurologiques. Le système moteur qui commande et le système neurovégétatif qui nous commande. En effet nous savons qu’une émotion déclenche des RAC VAS comme le témoignait en post opératoire d’une fistule artérioveineuse, le patient du Dr LERICHE traduisant une activité orthosympathique sur son artère fémorale.

En éclairant la représentation auriculaire de la zone limbique ou de la zone préfrontale nous corrigeons par voie neurovégétative des boucles auto entretenues entre le système limbique et le système neuro végétatif en exerçant une neuro modulation de l’activité de l’amygdale cérébrale notamment (probable sécrétion de neuromédiateur spécifique de la longueur d’onde).

Par ailleurs une étude menée par le Dr Richard Davidson et son équipe au laboratoire de neurosciences de l’université du Wisconsin a montré que le fait de visionner des images déclenchant des émotions négatives comme la peur, l’anxiété ou la colère provoque une stimulation du cortex préfrontal droit à l’origine entre autres d’une stimulation du système orthosympathique (The Emotional Life of Your Brain Richard J Davidson, PhD (University of Wisconsin)). Serait ce la voie d’activation orthosympathique à l’origine des fasciculations palpébrales via le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus (PVL) puis le tronc cérébral ?

Le déroulé du protocole de chromothérapie du Dr ASIS amène le sujet à visualiser mentalement l’image traumatique générant le même processus d’activation orthosympathique. Cela peut probablement expliquer la présence statistiquement élevée dans cette étude et l’efficacité du point d’auriculothérapie représentant le cortex préfrontal droit sur l’oreille gauche en lumière LED bleue.

L’éclairage complémentaire en plus des structures limbiques avec une lumière LED bleue par le Dr ASIS dans la conque (à polarité parasympathique) potentialise l’action des fasciculations palpébrales associées jusqu’ alors aux REM (Rapid Eye Movement) sollicitant à cadence élevée les mécanorécepteurs du contenu orbitaire et favorisant ainsi une réponse parasympathique.

Il nous reste à quantifier statistiquement l’impact de la chromothérapie auriculaire en tenantcompte de l’efficacité thérapeutique des fasciculations palpébrales dans le retraitement émotionnel
de l’image traumatique.

Cependant son efficacité est indéniable et réelle car elle facilite en moins de trois minutes le transfert d’images traumatiques vers des zones cérébrales plus neutre émotionnellement et ce de façon durable tandis que les techniques oculaires nécessitent beaucoup plus de temps entre 15 et40 mn pour le brain spotting et l’EMDR. Cette rapidité d’action suggère un effet synergique de la lumière sur l’action parasympathique thérapeutique exercée par les mouvements palpébraux oculaires.

Cela m’incite à penser que la réussite thérapeutique de l’ESPT doit inclure une majoration brève de l’activité du système orthosympathique par une mise en situation émotionnelle négative(exposition de l’image). Cette réaction orthosympathique déclencherait les mouvements palpébraux et une action de régulation parasympathique par les mécanorécepteurs du contenu orbitaire.

Une (simple) action parasympathique soit indirecte par l’auriculothérapie (chromothérapie dans cet exposé) soit directe par la pression légère des globes oculaires ou bien d’autres méthodes mentionnées initialement (méditation, lecture de récit traumatique par bétabloquant, EMDR, Brain spotting) peuvent lever ainsi le blocage traumatique dans le syndrome de stress post traumatique.

La prise en charge de l’ESPT s’enrichit avec une nouvelle méthode accessible à tous avec la compression des globes oculaires à partir du ROC (reflexe oculo cardiaque) contrôlé par le signal au pouls RAC VAS.
Pour compléter cette approche, on pourrait envisager une autre méthode thérapeutique de l’ESPT par l’oreille.

La neurostimulation vagale trans auriculaire non invasive dans cette indication avec exposition traumatique les yeux fermés devrait constituer une autre possibilité thérapeutique à explorer. La fréquence thérapeutique resterait à déterminer mais il serait logique et tentant d’appliquer 73 Hz la fréquence F de résonance biotique de la plage F des structures limbiques représentées sur le pavillon auriculaire découverte par le Dr Paul NOGIER ou bien la mesure de la fréquence des fasciculations palpébrales observées au début de l’exposition de l’image, fréquence propre au patient et vraisemblablement thérapeutique avec toutes les difficultés techniques de mesure de cette fréquence.

Conclusion

Les résultats de cette étude complètent et confortent le protocole de chromothérapie auriculaire du Dr ASIS dans cette indication thérapeutique. A l’aide du signal RAC VAS la recherche du point d’auriculothérapie lors de l’exposition mentale (rappel de l’image traumatique) justifie la recherche et l’éclairage en lumière LED jaune des points déjà connus des structures limbiques mais également le rôle bénéfique de l’éclairage en lumière LED bleue de la représentation auriculaire du cortex préfrontal (cortex préfrontal médian dorsal) comme démontré en optogénétique par l’équipedu Dr HERRY de l’INSERM de Bordeaux.

Le mécanisme d’action de la chromothérapie auriculaire n’est pas parfaitement expliqué mais il est synergique de l’action des fasciculations palpébrales assimilées à des REM (Rapid Eye Movement). La comparaison semble exacte dans leur finalité thérapeutique tout du moins, avec le cortège d’amélioration clinique des paramètres enregistrables sous l’influence du système parasympathique mais impropre dans la localisation de leur initiation neurologique.

Toutes les techniques traditionnelles de traitement de l’ESPT (EMDR, brain spotting, méditation,
lecture récit traumatique sous bétabloquant) et c’est la conclusion majeure de ces observations passent par la stimulation vagale, le système neurovégétatif qu’il nous faut temporairement commander.

L’auriculothérapie a également une action déterminante sur ces images traumatiques par sa rapidité et son innocuité. Tous les mécanismes neurophysiologiques ne sont pas encore élucidés mais les résultats tiennent remarquablement dans le temps, en une seule séance dans la très grande majorité des situations rencontrées pour le plus grand soulagement des personnes soignées.

FIGURE : PRINCIPES DE L’OPTOGENETIQUE 

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2018

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